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Conclusion

L’AFELU s’est officiellement achevée en septembre 2004 mais de nombreux travaux qu’elle a permis d’initier (expérimentations, recherches) se poursuivront au-delà de cette date.
A l’issue de cette recherche et après de nombreux contacts avec l’ensemble des intervenants dans le système de la desserte urbaine, il apparaît à l’évidence que l’intérêt existe, tant du côté des acteurs publics que du côté des acteurs privés, pour les équipements permettant de faciliter le fonctionnement de la logistique urbaine. Les agglomérations ont conscience qu’elles doivent se préparer à répondre aux défis multiples annoncés : limiter les nuisances, dynamiser les centres urbains, organiser l’espace public pour satisfaire une demande de nouveaux services logistiques qui se multiplie.
Nous sommes, certes, encore loin aujourd’hui d’une généralisation de ce type d’équipements, même sous forme expérimentale : en l’absence de modèles probants d’une part, mais aussi d’une pression suffisante s’exerçant sur les décideurs, il émerge plus d’idées que de projets. Le niveau de satisfaction des entreprises urbaines, au premier lieu des commerçants, en ce qui concerne leurs approvisionnements et leurs expéditions (tout le monde est livré en temps et en heure dans les villes françaises !), est en effet aujourd’hui élevé, n’incitant pas les responsables publics à chercher à répondre à des besoins tout juste en émergence.
Ceci conduit au paradoxe suivant : on recherche de part et d’autre (villes, professionnels) des solutions novatrices, mais on attend de l’autre partie des initiatives. Les villes attendent que de véritables prestataires de logistique urbaine apparaissent, avec lesquels elles pourraient engager des politiques expérimentales. Cependant, ces prestataires spécialisés font encore largement défaut. De leur côté, les professionnels de la logistique, les spécialistes des services urbains ou de l’immobilier d’entreprise attendent un signal fort de la part des municipalités pour se lancer dans une aventure dont, pour le moment, ils perçoivent surtout les risques et évaluent mal les bénéfices potentiels. S’ils sont nombreux à avoir « quelque chose dans les cartons », ils ne souhaitent pas être les premiers à expérimenter des concepts nouveaux sur un secteur, celui de la distribution urbaine, jusque là surtout connu pour sa faible rentabilité et sa complexité. Par ailleurs, les temporalités des deux catégories d’acteurs en présence (collectivités publiques d’un côté, acteurs privés de l’autre) ont encore du mal à se rejoindre : offrir une nouvelle prestation de logistique urbaine, cela se conçoit à l’avance et les stratégies sont longuement réfléchies. En revanche, lorsqu’une entreprise est prête, elle accepte difficilement les délais administratifs - bien souvent inhérents au cadre de l’action publique- du lancement d’un projet d’espace logistique urbain.
Néanmoins, la thématique mûrit, les partenariats s’ébauchent. Des acteurs tels que les CCI (Chambres de Commerce et d’Industrie) ont déjà montré à plusieurs reprises leur dynamisme et leur implication sur ces questions. Avec ces partenaires émergeants, les villes sont les meilleurs espoirs de lancement d’une dynamique relative aux espaces logistiques urbains. C’est pourquoi il était indispensable de pouvoir leur offrir des références en la matière. C’est ainsi le mérite de l’AFELU d’avoir réuni de façon synthétique l’information disponible sur l’ensemble de ces concepts, projets et expérimentations, d’en avoir dressé une typologie et identifié les caractéristiques génériques, d’en présenter une analyse comparative détaillant aussi bien les avantages (notamment environnementaux) que les difficultés de mise en place. Notre espoir à travers ce travail est que les villes réservent dorénavant dans leur stratégie, et de façon beaucoup plus systématique, une place entière aux activités en développement de la logistique urbaine.